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Les allergies alimentaires : où en est-on ?
- 02 décembre 2009
- Bien manger
Mieux connaître et mieux vivre son allergie, c’est ne pas rester avec ces questions et la crainte de la crise allergique :
Pourquoi cette multiplication ? Comment faire pour les enrayer ? A quand un traitement efficace des allergies alimentaires ?
Comment décoder les étiquettes et repérer la présence d’allergènes ? Quelles sont les obligations des fabricants ?
Soutenu par un programme voté par le parlement européen sur 2007-2013, la recherche scientifique se mobilise. Bonne nouvelle pour les personnes allergiques qui peuvent en espérer des innovations et des progrès dans le diagnostic et le traitement de ces maladies.
La prévention avant tout, elle s’étend à de nombreux secteurs professionnels : former, éduquer et soutenir pour savoir choisir et agir en toute circonstance : à la maison comme à l’extérieur.
Les réseaux associatifs, les écoles de l’allergie alimentaire se développent, la réglementation sur l’utilisation des principaux allergènes par l’industrie se renforce pour vous soutenir et vous protéger.
L’augmentation des allergies alimentaires est liée à l’augmentation des allergies en général mais aussi à l’alimentation industrielle qui étend le choix des aliments disponibles et rend plus difficile le contrôle de leur composition.
Allergie alimentaire ou intolérance alimentaire ?
L’intolérance alimentaire
Elle est une réaction anormale de l’organisme face à une substance alimentaire à l’origine notamment de troubles digestifs.
Exemples :
- La Maladie Coeliaque, elle est due à l’intolérance au gluten, une protéine contenue dans certaines céréales telles que le blé, l’avoine, l’orge ou le seigle.
- L’intolérance aux protéines du lait de vache : elle touche par exemple le nourrisson qui va réagir à la présence de protéines du lait de vache qui sont alors considérées comme l’allergène.
L’allergie alimentaire
Elle est une réponse immunitaire excessive et inadaptée vis-à-vis d’un aliment considéré à tort par l’organisme comme ennemi et appelé dans ce cas allergène. La réaction allergique intervient après une phase de sensibilisation lors d’une mise en présence avec l’allergène, même avec des quantités très faibles.
Des réactions graves peuvent intervenir si l’éviction de l’aliment n’est pas respectée.
Les symptômes de l’allergie sont variés et apparaissent en général rapidement : troubles digestifs (vomissements, diarrhées...), urticaire, dermatite et eczéma, rhinite allergique, asthme, œdème de Quincke et dans les cas extrêmes choc anaphylactique.
Exemples les plus connus :
Les œufs, le lait, l’arachide, la moutarde, le poisson et les crustacés, les fruits à coque, le soja, le sésame... (Voir paragraphe sur l’étiquetage).
Les manifestations ou symptômes
Les signes apparaissent parfois sur la peau, au niveau de la bouche, du tube digestif, bronchospasmes, œdème de Quincke, et souvent pouvant atteindre l’organisme tout entier.
Les traitements
- Repérer l’aliment ou les aliments allergisant(s). Il est nécessaire d’effectuer des examens médicaux en vue d’établir un diagnostic précis avec des tests de provocation alimentaire.
- Le régime d’éviction est établi par le médecin.
Les choix alimentaires doivent être personnalisés, ils tiennent compte des habitudes alimentaires, de tous les facteurs environnementaux quotidiens, des analyses prescrites et des besoins nutritionnels de la personne.
- En cas d’allergie d’origine héréditaire, la proscription d’aliments très allergisants pendant la grossesse est controversée, il ne s’agit pas de déséquilibrer l’alimentation de la mère. Du lait hypoallergénique peut être recommandé.
A la naissance de l’enfant, une liste d’aliments favorisant l’allergie sera établie, un suivi diététique personnalisé sera conseillé.
- En cas de réaction allergique :
• Disposer toujours d’une trousse d’urgence en attendant la prise en charge médicale : une injection intramusculaire ou sous-cutanée d’adrénaline permet de soulager et de traiter le symptôme.
• Les traitements d’urgence des symptômes de l’allergie alimentaire associent à des degrés divers les antihistaminiques, les corticoïdes, les thérapeutiques bronchodilatatrices et l’adrénaline en cas de choc anaphylactique.
• Noter le menu dans ses moindres détails y compris le ou les médicaments pris avant de passer à table, au cours du repas ou après. Ne pas oublier les boissons. Noter l’adresse ou bien la personne à contacter si le repas a été pris dans un restaurant.
• Récupérer toutes les étiquettes, garder au congélateur ce qu’il reste des aliments et boissons.
• Se procurer éventuellement dans le même magasin un plat ou un aliment identique à celui soupçonné et le conserver de façon adéquate
• Prévoir une consultation immuno-allergologique le plus rapidement possible : test d’allergie fait par un médecin allergologue
• Arrêter tout anti-histaminique 8 jours avant la consultation
• Apporter le jour de la consultation, toutes les étiquettes et un échantillon de chaque aliment congelé
• Le traitement repose sur l’éviction de l’aliment identifié par les tests allergologiques.
La prévention va donc être la première protection.
La vigilance et la prudence amènent souvent à se priver à tort de nombreux aliments.
Heureusement la recherche avance : le fait de comprendre les procédés de fabrication, de savoir quelles sont les transformations que l’industrie alimentaire fait subir à des aliments classiques comme le blé, permet aujourd’hui de mieux cerner les causes des réactions allergiques.
1- L’étiquetage évolue
La liste des allergènes les plus courants est fixée par la réglementation communautaire et périodiquement révisée.
Liste actuelle (2006, Direction Départementale, de la Concurrence Consommation Répression des Fraudes) :
• Céréales contenant du gluten (blé, seigle, avoine, orge, épeautre, katmut) et produits à base de ces céréales
• Oeufs et produits à base d’œuf
• Poisson et produits à base de poisson
• Lait et produits à base de lait
• Fruits à coque (amandes, noisettes, noix, noix de cajou, noix de pécan, noix du Brésil, noix de macadamia, noix du Queensland, pistache) et produits à base de ces fruits
• Anhydride sulfureux et sulfites en concentration de plus de 10mg/l (exprimés en SO2)
• Arachide et produits à base d’arachide
• Crustacés et produits à base de crustacés
• Soja et produits à base de soja
• Céleri et produits à base de céleri
• Moutarde et produits à base de moutarde
• Graine de sésame et produits à base de sésame
Même à très faibles doses, leur étiquetage est obligatoire :
• Leur dénomination ne doit pas être codifiée.
Par exemple, « Lécithine de soja » et non pas « E 322 ».
• Si le nom de l’aliment fait clairement référence à la présence d’un allergène, l’indication de celui-ci n’est pas obligatoire dans la liste des ingrédients.
Par exemple, le « fromage », le « beurre » ou la « crème », qui sont des produits à base de lait.
En cas de présence d’allergène suspectée et fortuite :
• Elle peut être due à une contamination involontaire par contact avec d’autres produits lors de la fabrication, du stockage ou du transport. Les fabricants doivent évaluer les risques de contamination possible et tout mettre en œuvre pour les réduire.
• Attention donc aux mentions du type : « peut contenir des traces de... » ou « susceptibles de contenir des... ».
Dans le doute, mieux vaut s’abstenir !
2- L’achat du produit de substitution
• Demander à votre médecin ou à la diététicienne la liste des ingrédients qui renferment la substance à laquelle vous êtes allergique.
• Lors de vos achats, si dans les listes d’ingrédients indiqués sur l’emballage, est présent un ingrédient dont la composition n’est pas détaillée, le risque allergique est possible. L’aliment ne peut être consommé.
Exemple, « huile végétale », sans aucune précision sur la nature de l’huile.
3- Se faire plaisir aussi en mangeant à l’extérieur de chez soi
• Au restaurant
Très peu de restaurateurs détaillent le contenu de leurs plats. N’hésitez pas à inciter le personnel du restaurant à se renseigner auprès du Chef.
Exemple : une pizza au saumon ou un rizotto aux moules peuvent contenir aussi des crevettes. De même des pâtes aux lardons peuvent être agrémentées de crème fraîche.
Toutefois pour certains allergènes, le fait de manger au restaurant peut présenter un risque trop élevé, s’il s’agit, par exemple, de conservateurs ou d’éléments présents dans un très grand nombre d’aliments, il est conseillé d’éviter certains menus.
• Chez des amis
Invités chez ses amis, mieux vaut les informer systématiquement des éventuelles allergies avant le jour du repas. Vous évitez ainsi de vous voir proposer à la dernière minute un plat de remplacement type steak haché ou jambon pâtes ou encore de regarder les autres manger.
Vous pouvez leur transmettre une liste d’aliments possibles ou à proscrire et pourquoi pas les conseiller dans le décodage d’étiquettes. Plus vos amis seront sensibilisés plus vous serez protégé d’une crise allergique et plus vos amis seront à l’aise pour vous recevoir. Le but recherché par tous est de partager un bon moment et un bon repas !
• A l’école, à la garderie, au collège, au lycée...
Les nourrissons et jeunes enfants prédisposés : ne pas l’exposer à une grande variété d’aliments et donc d’allergènes
• Allaitement maternel prolongé
• Diversification alimentaire tardive
• Pas d’autres aliments que le lait avant 6 mois révolus sous réserve d’une allergie au lait de vache
• Préférez le lait infantile Hypoallergénique (HA) pendant au moins 6 mois
• Ne pas donner à l’enfant de préparations à base de protéines de soja avant 6 mois révolus
• Eviter les transformations industrielles des aliments : ingrédients protéiques (blanc d’œuf, poudre de lait, …)
• Pas de farine avant 6 mois révolus (avec ou sans gluten)
• Pas d’œuf, poisson ou crustacé avant l’âge de 1 an
• Le kiwi et le céleri ne doivent pas être donnés avant l’âge de 1 an
• Pas de produit contenant de l’arachide avant 3 ans
Sur avis médical, d’autres aliments peuvent être exclus de l’alimentation, par exemple le lait.
Au restaurant scolaire
Depuis 1999, les cantines sont tenues d’accueillir les enfants allergiques et d’établir un Plan d’Accueil Individualisé (PAI).
Le PAI est réglementé par la circulaire interministérielle du 8 septembre 2003.
- Le principe du PAI
• A la demande des parents
• Sur prescription d’un allergologue
• Concertation : médecin scolaire, famille, équipe éducative, mairie, personnel de restauration
- Le contenu du PAI
3 volets : administratif, médical et pédagogique
L’ensemble des professionnels encadrant l’enfant a ainsi tous les protocoles contenant les dispositions à prendre afin de prévenir tout risque de crise, ou en cas d’urgence, il connaît les soins à apporter (trousse médicale spécifique fournie).
- 2 solutions
• La cantine fournit des repas adaptés au régime de l’enfant
• L’enfant consomme le repas fourni par la famille : le panier-repas
1- Le repas est adapté par le restaurant scolaire :
C’est le cas pour la majorité des enfants et le plus agréable pour lui.
Éviter les demandes de complaisance : le diagnostic doit être récent, fiable et rigoureux.
Bien communiquer la nature du régime à l’ensemble du personnel.
2- Le panier-repas
A privilégier en cas de régime spécifique complexe.
Contraignant pour les parents qui fournissent assiette, verre, couverts et ustensiles au nom de l’enfant et la totalité du repas.
• Eluder l’allergie : une décision dangereuse à éviter absolument
Par crainte d’un refus d’accueillir leur enfant, des parents laissent leur enfant manger à la cantine, taisant son allergie auprès du chef d’établissement.
Cette décision peut avoir des graves conséquences pour l’enfant, notamment si le risque allergique est le choc anaphylactique ou l’œdème de Quincke, le risque est vital. Par ailleurs, même si l’allergie est légère, l’exposition aux allergènes doit être au maximum évitée pour ne pas aggraver la situation.
Les parents mettent tout en œuvre pour permettre à leur enfant d’avoir une vie scolaire et périscolaire aussi normale que les enfants non allergiques. L’arrivée d’une allergie entraîne beaucoup d’effort d’adaptation.
N’hésitez pas à contacter les associations actives dans ce domaine, elles peuvent vous conseiller, vous soutenir, vous orienter.
L’AFPRAL, Association française pour la prévention des allergies,
26 quai du Président Carnot, 92212 Saint-Cloud,
afpral@prevention-allergies.asso.fr,
http://www.prevention-allergies.asso.fr
Ddccrf * : Direction Départementale, de la Concurrence Consommation Répression des Fraudes
www.dgccrf.bercy.gouv.fr/documentation/fiches pratiques/fiches/allergenes.htm
www.parallerg.com
www.conso.net de l’Institut national de la consommation
Question Tabac
- 12 juin 2009
- Tabac
Tabac : arrêter, diminuer, soutenir un proche... Avec ce dossier Question Tabac, votre mutuelle vous encourage dans votre démarche.
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