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Le PER TNS, ou plan d'épargne retraite dédié aux travailleurs non salariés, est la déclinaison professionnelle du Plan d'épargne retraite individuel créé par la loi PACTE de 2019. Il a progressivement remplacé le volet retraite des anciens contrats Madelin, sans pour autant les faire disparaître : les deux enveloppes coexistent toujours en 2026, et il est même possible de conserver un contrat Madelin retraite existant tout en ouvrant un PER en parallèle.
Ce produit d'épargne permet à un indépendant de verser, à son rythme, des sommes qui viendront alimenter un capital disponible au moment de la retraite. La grande force du dispositif tient à sa fiscalité : chaque versement volontaire effectué sur un PER TNS peut être déduit du revenu professionnel imposable, dans la limite d'un plafond calculé chaque année.
Sont concernés par ce statut :
Les auto-entrepreneurs relevant du régime micro-fiscal font figure d'exception : leurs revenus étant imposés au forfait, aucune déduction n'est possible sur cette base. Un PER reste néanmoins accessible pour eux, mais avec les plafonds applicables aux salariés, nettement moins avantageux.
Contrairement à un salarié qui cotise automatiquement à des régimes de retraite complémentaire obligatoires, le TNS construit sa protection sociale de façon plus fragmentée. Les pensions issues des régimes obligatoires (Sécurité sociale des indépendants, CARMF, CIPAV, CNBF selon les professions) sont souvent inférieures à celles des salariés, à revenu équivalent.
Le PER TNS vient combler ce manque en offrant un double avantage : constituer une épargne dédiée à la retraite, et alléger l'impôt sur le revenu pendant les années d'activité. C'est cette seconde dimension qui distingue vraiment ce produit d'un placement classique comme l'assurance-vie. Chaque euro versé, dans la limite du plafond, vient directement réduire le revenu imposable, donc l'impôt calculé selon votre tranche marginale d'imposition.
C'est sans doute le point le plus attendu, et aussi le plus mal compris. Le plafond de déduction applicable au PER TNS dépend directement du Plafond annuel de la Sécurité sociale, revalorisé chaque 1er janvier. Pour 2026, ce PASS a été fixé à 48 060 euros, par arrêté publié fin décembre 2025, soit une progression de 2 % par rapport à 2025.
Sur cette base, voici ce qu'il faut retenir pour les plafonds de cette année :
Le calcul exact repose sur une formule à deux composantes, définie par l'article 154 bis du Code général des impôts : 10 % du revenu professionnel imposable, dans la limite de 8 PASS, additionnés à 15 % de la fraction de ce revenu comprise entre 1 et 8 PASS. Une manière plus rapide d'arriver au même résultat consiste à retenir 25 % du revenu imposable, dont on soustrait 15 % du PASS, tant que le revenu reste compris entre 1 et 8 PASS.
Voyons ce que cela donne selon différents niveaux de revenus.
Exemple 1 : un bénéfice imposable de 60 000 euros. Le plafond de déduction s'élève à 25 % de 60 000 euros, soit 15 000 euros, moins 15 % du PASS (7 209 euros), soit un plafond final de 7 791 euros. Un versement de ce montant sur le PER permet de déduire intégralement cette somme du revenu imposable.
Exemple 2 : un bénéfice imposable de 100 000 euros. Même logique : 25 % de 100 000 euros donne 25 000 euros, dont on retranche 7 209 euros, pour un plafond de 17 791 euros. Pour un indépendant imposé à la tranche à 30 %, un versement de ce montant représente une économie d'impôt immédiate d'environ 5 337 euros.
Exemple 3 : un bénéfice imposable de 150 000 euros. Le plafond grimpe à 25 % de 150 000 euros, soit 37 500 euros, moins 7 209 euros, ce qui donne 30 291 euros de déduction possible. À la tranche marginale de 41 %, l'économie fiscale théorique dépasse 12 400 euros pour cette seule année.
Exemple 4 : un bénéfice supérieur à 384 480 euros. Le plafond est plafonné à son maximum absolu, soit 88 911 euros, quel que soit le niveau de revenu au-delà de ce seuil.
Un point souvent négligé : pour un TNS, ce calcul se fait sur la base du revenu de l'année en cours, et non sur celui de l'année précédente comme c'est le cas pour un salarié. Cela signifie qu'il faut estimer son bénéfice avant la fin de l'année pour ajuster ses versements et optimiser sa déduction, en général avant le 31 décembre.
La loi de finances 2026 a introduit un changement significatif pour les indépendants qui n'utilisent pas l'intégralité de leur plafond annuel : la durée de report des plafonds non consommés passe de 3 à 5 ans. Cela signifie que si vous ne versez pas la totalité de votre disponible fiscal une année donnée, vous conservez désormais la possibilité de le rattraper sur une période plus longue, ce qui laisse davantage de souplesse pour lisser ses versements.
Cette mesure s'applique aux droits nés à compter du 1er janvier 2026, ce qui en fait un levier tout particulièrement utile pour les indépendants dont les revenus varient fortement d'une année sur l'autre, comme c'est souvent le cas dans le commerce ou les professions libérales.
Beaucoup d'indépendants se demandent s'il vaut mieux conserver leur ancien contrat Madelin ou basculer entièrement vers un PER. En réalité, les deux produits partagent le même plafond de déduction au titre de la retraite : si vous versez une partie de votre disponible fiscal sur un contrat Madelin existant, le solde restant disponible pour votre PER s'en trouve réduit d'autant.
En revanche, la loi Madelin couvre également d'autres volets de protection sociale, totalement indépendants du plafond retraite :
Un plafond de déduction distinct de 11 534,40 euros en 2026 s'applique pour ces deux éléments
Ces cotisations santé et prévoyance restent cumulables avec le plafond retraite du PER, ce qui permet à un indépendant à revenus confortables d'optimiser plusieurs niches fiscales en parallèle, sans qu'elles n'entrent en concurrence les unes avec les autres.
L'épargne versée sur un PER TNS reste bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi : invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage, ou encore l'acquisition de la résidence principale, un cas de déblocage particulièrement recherché par les indépendants en phase de constitution de patrimoine.
Au moment du départ à la retraite, plusieurs options s'offrent à l'épargnant :
La fiscalité à la sortie dépend directement de l'avantage obtenu à l'entrée. Puisque les versements ont été déduits du revenu imposable pendant la phase d'épargne, le capital récupéré est soumis à l'impôt sur le revenu au moment du retrait, tandis que les plus-values générées sont taxées selon le prélèvement forfaitaire unique. C'est ce qu'on appelle un mécanisme de report d'imposition : l'avantage fiscal n'est pas supprimé, il est simplement déplacé dans le temps, généralement vers une période où le revenu imposable est plus faible qu'en pleine activité.
Beaucoup d'indépendants repoussent cette décision, souvent par méconnaissance du dispositif ou par manque de temps pour s'y pencher sérieusement. Pourtant, plusieurs raisons plaident pour ne pas trop tarder.
D'abord, l'avantage fiscal est non reportable dans le temps de la même manière que le capital : un plafond non utilisé une année ne rapporte rien tant qu'il n'est pas consommé, même si le nouveau report à 5 ans laisse davantage de latitude. Ensuite, plus l'épargne est constituée tôt, plus elle bénéficie des effets de la capitalisation sur la durée, un principe qui joue autant sur un PER que sur n'importe quel produit d'épargne long terme. Enfin, un indépendant qui traverse une année particulièrement rentable a tout intérêt à absorber une partie de ce surplus via un versement PER, plutôt que de le voir taxé intégralement à sa tranche marginale.
Tous les contrats ne se valent pas. Avant de s'engager, il est utile de comparer plusieurs critères :
Calculer son plafond, arbitrer entre Madelin et PER, choisir le bon niveau de versement selon ses revenus de l'année : ces décisions gagnent à être prises avec un regard extérieur, capable de tenir compte de votre situation professionnelle réelle et de vos objectifs de retraite. Chez Radiance Mutuelle, nos conseillers accompagnent au quotidien les indépendants dans la construction d'une stratégie d'épargne retraite adaptée à leur statut, à leurs revenus et à leur secteur d'activité.
Spécialisé dans le conseil personnalisé aux entrepreneurs et TNS, votre conseiller Radiance Mutuelle étudiera avec vous la solution la plus adaptée à votre situation. Contactez directement votre conseiller local pour affiner votre stratégie d'épargne sereinement.