Le deuil : être soutenu sur le chemin de l’acceptation
Le processus du deuil passe par plusieurs étapes. Chacun chemine sur ce parcours à son rythme, en les vivant plus ou moins intensément, rendant l’expérience unique et personnelle. L’état de choc, dont la puissance peut être liée à la brutalité de la perte, du niveau de proximité avec le défunt, peut mettre la personne dans un état d’agitation profond ou la plonger dans une sorte de sidération avec parfois refus de la réalité. Elle est abasourdie, submergée, comme anesthésiée. Cette réaction, de quelques jours à quelques semaines agit comme un « amortisseur » le temps de trouver la capacité d’affronter la situation. Les rites funéraires, dont l’un des sens est de rendre hommage au défunt, est une étape essentielle pour intégrer la réalité du décès, aller jusqu’au bout du deuil.
S’ensuit généralement une phase dépressive, avec selon les individus, tristesse, isolement, sentiment de solitude, troubles de la concentration, de la mémoire, valse d’émotions, perte des repères, troubles physiques, fatigue. Le travail et les contacts sociaux peuvent être compliqués quand le désintérêt et le désinvestissement sont trop lourds, et durables. Cette phase dite centrale dans le processus du deuil dure en général de quelques mois à un an, parfois un peu plus. Même si le désir de repli sur soi est fort, la personne en deuil doit pouvoir exprimer ses émotions, pour éviter qu’elles ne se transforment en maux. Certains ressentent de la colère, parfois dirigée contre les proches. Leur présence durant cette phase douloureuse et difficile est néanmoins importante et l’intérêt de l’endeuillé est d’aller vers ceux qu’il sent capable de l’épauler.
Se faire accompagner, c’est reconnaître que l’on a besoin de se reconstruire. Traverser seul l’épreuve n’est pas souhaitable. La personne endeuillée peut avoir besoin de moments de solitude que l’entourage doit respecter, mais il lui appartient d’accepter, voire de rechercher une assistance en allant vers ceux qui peuvent l’écouter, sans minimiser ni juger la souffrance, la colère et autres émotions. L’accompagnant doit favoriser l’expression des ressentis. Accompagnant et accompagné doivent accepter que le cheminement ne soit pas linéaire, qu’il peut passer par « des hauts et des bas » avec parfois des phases de retour en arrière. Souhaiter aller mieux, c’est-à-dire aller vers l’acceptation, qui n’a rien à voir avec l’oubli, est aussi s’autoriser des moments de quiétude, de détente, de repos, d’activité physique, de marche au grand air, etc.
Il est possible d’avoir recours à des techniques de bien- être : sophrologie, relaxation, yoga, méditation, pensées positives, EMDR (prise en charge des troubles traumatiques). Toutes les pratiques qui favorisent la respiration peuvent aider à prendre du recul. Partager son expérience avec d’autres qui l’ont déjà vécu peut faire prendre conscience que ce que l’on traverse fait partie de la vie, que l’on n’est ni faible, ni différent.
A l’issue de cette étape, qui peut durer en moyenne entre 6 à 12 mois, parfois un peu plus, vient celle de l’acceptation, du retour vers une vie plus habituelle. Parfois, reprendre le contrôle de sa vie est plus compliqué et/ou plus long, la personne bloquant sur une ou des émotions, ne pouvant la dépasser.