Mieux comprendre ce que ressent votre compagnon
Tout comme nous, il a une sensibilité, des émotions : joie, peur, colère, tristesse … Il ne faut toutefois pas faire de l’anthropomorphisme et croire que ses états mentaux comme les pensées, les sentiments sont identiques à ceux des humains. Les troubles comportementaux de notre compagnon viennent souvent de ce que nous ne comprenons pas chez lui. L’erreur est d’interpréter ses comportements selon nos propres modes de fonctionnement.
Quelques points de repères pour mieux le comprendre
Le chien n’a pas la notion du bien et du mal, ni de la culpabilité. Uriner sur le tapis quand il est seul n’est pas de la vengeance, mais plutôt une façon d’évacuer son stress d’avoir été seul et peut être d’avoir eu peur. L’animal grondé suite à une bêtise a la même réaction et attitude de soumission que si on hausse la voix sur lui quand bien même il n’a pas fait de sottise.
Il analyse une situation par rapport à ce qui est agréable ou désagréable pour lui et par association. S’il se fait gronder au retour du maître qui découvre une bêtise, il ne va pas faire le lien avec cette bêtise mais il va associer ce moment désagréable pour lui aux retrouvailles. Ce qui ne l’incitera pas à ne pas refaire la même bêtise. Le gronder n’a de sens que s’il est pris sur le fait.
Il a besoin de motivation : la récompense quand il se conduit bien est plus bénéfique et favorise plus l’éducation que la réprimande quand il fait mal.
Le chien vit dans l’instant présent. Donc s’il vous désobéit, il ne le fait pas volontairement pour vous ennuyer.
L’aider à se poser, à se calmer, pour une relation plus sereine
Peureux, anxieux, surexcité, craintif, agressif, ces états, qui créent parfois des situations difficiles à vivre, ont toujours une ou plusieurs causes. Dans tous les cas, la question est : pourquoi ? Votre compagnon peut être excité parce qu’il :
- Est en manque d’exercice.
- Souhaite attirer l’attention. Là encore, le maître doit réagir avec cohérence. L’ignorer un jour et répondre aux sollicitations le lendemain lui fait retenir que l’excitation paie.
- Exprime de la joie.
- Exprime de l’anxiété, un compagnon anxieux peut effectivement être énervé. Il faudra identifier la source.
Son langage corporel renseigne sur ses états.
La peur et l’anxiété
Ce sont des émotions dont il faut parfois se méfier car elles peuvent être source d’agressivité. Face à la peur, il peut fuir, rester figer, se mettre ventre à terre, grogner, ses pupilles peuvent être dilatées, les oreilles en arrière, etc. Face à l’anxiété, il peut avoir des léchages intempestifs, des bâillements et léchage des babines, etc.
Pour l’aider, il faut surtout ne pas le gronder, le forcer à faire ce qu’il n’aime pas, mais plutôt le laisser se réfugier dans un coin où il se sent en sécurité, avec ses peluches ou jouets préférés à ses côtés, lui parler calmement, et quand c’est possible détourner son attention, par le jeu par exemple.
Faut-il caresser un chien apeuré ?
Mieux vaut ne pas le cajoler car cela revient à dire que quelque chose n’est pas normal et qu’il a raison d’avoir peur. Rester neutre lui montre au contraire que tout est normal. Le récompenser quand il se calme, c’est l’encourager à s’apaiser. De la musique douce peut être un bon outil. Il existe des musiques spécialement conçues pour des chiens angoissés, stressés. (Voir « A travers les oreilles d’un chien »).
Peut-on le rééduquer par la désensibilisation ?
La technique consiste à l’exposer aux stimuli qui déclenchent ses peurs, en augmentant très progressivement l’intensité pour l’habituer sans le paniquer. S’il s’agit d’objets, de personnes, on joue progressivement sur la distance. Chaque progrès, attitude positive est encouragée, par la parole, une friandise. Au gré des améliorations, on diminue les récompenses « friandises ».
L’animal doit comprendre ce que son maître attend de lui
L’éducation dans un cadre sécuritaire est cruciale. Le gronder, le menacer, crier ne lui apprend pas ce que l’on attend de lui. Ses bêtises ne répondent pas au désir qu’il aurait de nuire. Il ne fait pas les choses pour « embêter » son maître. Il fonctionne par association et fait le lien entre une situation et le côté agréable qui en découle. C’est le principe de l’éducation positive : ignorer les mauvais comportements, renforcer les bons. Pour autant il est nécessaire pour son équilibre de poser des limites et des règles. Il monte sur le canapé et vous ne le souhaitez pas, dites-lui de descendre et félicitez-le une fois fait. S’énerver ne lui fait pas comprendre les choses. Il est plus juste de trouver un juste milieu entre le diriger par la coercition et/ou la motivation, en tenant compte du caractère, de la sensibilité de l’animal, de son vécu, etc.
Instaurer des relations calmes et sereines avec son compagnon passe par l’observation et la compréhension. Il est nécessaire d’apprendre à décoder son langage corporel pour mieux comprendre ses états. L’éducation du chien constitue une étape essentielle dans la construction d’une relation harmonieuse, calme et sereine avec lui. Plus qu’un échange basé sur un système de punition, privilégiez une approche fondée sur la compréhension, le respect mutuel et la collaboration. Pour son équilibre et pour faciliter votre cohabitation, lui faire découvrir d’autres environnements, d’autres horizons que son lieu de vie l’aide à se socialiser, de même que lui permettre d’interagir avec d’autres humains et congénères.
Respecter l’animal sans « tout laisser faire » c’est s’en faire un ami. Il existe de nombreux centres où il est possible de se faire accompagner dans l’éducation de son animal. Il convient de bien le choisir pour travailler avec des comportementalistes qui peuvent vous faire évoluer avec votre animal dans un cadre cohérent basé sur la bienveillance plus que sur la peur et la contrainte. L’objectif est d’aider l’animal à s’adapter à vous et votre foyer en respectant ses besoins et ce qu’il est.