Comment le cancer se manifeste-t-il ?
Il est souvent précédé par une tumeur bénigne, comme un polype adénomateux, qui en évoluant, devient cancéreuse. L’évolution est souvent lente, de 5 à 10 ans. Les symptômes sont des troubles digestifs, du transit, douleurs abdominales, sang dans les selles. Ils ne sont pas forcément spécifiques. Il faut donc se méfier de leur chronicité. D’abord très locales, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes (métastases) via la circulation sanguine et lymphatique, pour toucher le plus souvent, mais pas exclusivement, le foie et les poumons. Plus il y a des polypes, plus le risque de cancer est élevé.
Quelles sont les personnes à risque ?
Une surveillance est particulièrement recommandée pour ceux qui souffrent de pathologies coliques, de maladies inflammatoires chroniques comme la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique. Les risques sont plus élevés si des cancers colorectaux ont touché des membres de la famille proche avant 65 ans, et plus encore si les deux parents ont été concernés
Un suivi est bien sûr de rigueur pour tous ceux qui ont des antécédents personnels de polypes ou qui ont déjà été traités pour un cancer. Il existe des terrains familiaux particuliers avec des mutations génétiques familiales. Ces cas sont rares : moins de 5 %, mais dès lors que la mutation existe, le risque est très élevé. Ces facteurs génétiques sont très présents dans les pathologies familiales comme le syndrome de Lynch (adénome colique unique) et la polypose adénomateuse familiale (adénomes multiples).
Si une anomalie génétique est relevée, les proches sont examinés pour déterminer s’ils en sont porteurs ou pas. S’ils le sont, une surveillance coloscopique est mise en place.
Quelles prises en charge en cas de cancer avéré ?
Elles dépendent de l’âge, de l’état général du patient et de l’étendue du cancer. Le dépistage, s’il est positif permet aussi de déterminer le stade d’évolution :
- Stade 0 : petite tumeur bien localisée non menaçante
- Stade 1 : tumeur étendue aux tissus superficiels de la muqueuse mais pas au-delà
- Stade 2 : tumeur propagée au-delà de la paroi du côlon ou du rectum pour toucher les tissus d’organes voisins mais pas les ganglions lymphatiques
- Stade 3 : les ganglions proches du côlon ou du rectum sont atteints mais les organes éloignés ne le sont pas
- Stade 4 : présence de métastases, le plus souvent au niveau du foie, des poumons, des ovaires.
La chirurgie
Elle reste privilégiée pour le cancer du côlon. Si la tumeur est bien localisée, son ablation peut être réalisée par voie coelioscopique. Si elle est plus invasive, il y a ablation de toute la partie du conduit intestinal où elle est située. Ce conduit est ensuite refermé pour que la fonction digestive puisse être rétablie dans son intégralité.
La chirurgie peut devoir être complétée par une stomie (ou anus artificiel). Il s’agit d’une ouverture faite au niveau de l’intestin et reliée à une poche pour l’évacuation des selles quand elle n’est pas possible par voie naturelle. La stomie peut être définitive ou temporaire pour faciliter la cicatrisation de la zone opérée.
Les ganglions lymphatiques qui drainent la zone affectée peuvent aussi être retirés car ils peuvent contenir des cellules cancéreuses pouvant s’éparpiller.
Les traitements médicamenteux
La radiothérapie
Elle est essentiellement utilisée pour les cancers du rectum. Elle peut être associée à la chimiothérapie pour une meilleure efficacité. Elle peut permettre de réduire la taille de la tumeur pour faciliter son ablation. Après chirurgie, elle peut permettre de détruire les cellules cancéreuses qui pourraient demeurer pour éviter une récidive.
La chimiothérapie conventionnelle
Elle n’est pas forcément prescrite pour les tumeurs très localisées. Elle l’est beaucoup plus pour les tumeurs ayant déjà bien évolué pour éviter les récidives. Elle l’est également en cas de métastases pour compléter la chirurgie, et également lorsque celle-ci n’est pas possible.
La chimiothérapie peut se faire pendant une période donnée, tous les jours, ou en cures, sur plusieurs jours. Elles sont espacées souvent de plusieurs semaines. Elle peut parfois être menée en ambulatoire avec retour au domicile après chaque séance. On parle de chimiothérapie adjuvante quand elle vient compléter la chirurgie.
Les thérapies ciblées
Elles viennent souvent en complément de la chimiothérapie. Elles agissent en bloquant un mécanisme particulier de croissance et prolifération des cellules cancéreuses. Il peut s’agir d’anticorps monoclonaux qui, comme les anticorps produits par l’organisme, tuent les cellules cancéreuses, en neutralisant certaines de leurs protéines impliquées dans leur croissance. Un autre principe peut être activé avec des molécules qui privent certains vaisseaux d’oxygène et nutriments liés au développement cellulaire. D’autres encore bloquent les mécanismes liés à la division cellulaire. Les immunothérapies visent quant à elles à stimuler les capacités de défense de nos propres cellules immunitaires.
Quel est le suivi après traitement
Un suivi médical, généralement pendant cinq ans, est nécessaire pour détecter très tôt les éventuelles récidives. Il consiste en un examen clinique et imagerie médicale. Au-delà de cinq ans sans récidive, la fréquence du suivi est vue au cas par cas.
Parallèlement, des soins de support peuvent être proposés pour gérer au mieux les conséquences de la maladie et des traitements. Selon les besoins, le patient peut être accompagné pour un sevrage d’alcool, de tabac, pour adopter une meilleure diététique, pour un soutien psychologique, pour faire face au stress et à la douleur, pour mettre en place une activité physique adaptée, etc. Ces accompagnements font partie du parcours de soins de chaque malade et ont toute leur importance.
Nous vous encourageons à participer activement au dépistage, car la prévention est notre priorité. Si un traitement est nécessaire, nous facilitons votre accès aux meilleurs parcours de soins, qu'ils soient chirurgicaux ou médicamenteux. Et parce que la vie continue, nous restons à vos côtés bien après, pour soutenir les soins de support qui vous aideront à retrouver votre qualité de vie.
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Il existe des dispositifs d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des malades comme les plateformes cancer info (service téléphonique et brochures), la Ligue contre le cancer et ses comités départementaux : site ligue-cancer.net, des espaces de rencontres et d’information (site e-cancer.fr). Qu’il s’agisse du malade lui-même ou de ses proches, il est important de pouvoir s’entourer, s’informer si besoin et de ne pas s’isoler.