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Publié le 6min

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : un trouble fréquent qui impacte la fertilité

Fatigue chronique, règles irrégulières, acné persistante, hyperpilosité, difficultés à concevoir un enfant, etc. Ces symptômes parfois banalisés peuvent pourtant cacher un trouble hormonal courant : le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), récemment renommé syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). En France, on estime qu'environ 10 % à 13 % des femmes en âge de procréer sont concernées, et 70 % d'entre elles l'ignorent, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Un nouveau nom pour mieux refléter la réalité de la maladie

Le SOPK vient officiellement de changer de nom. Le 12 mai 2026, lors du Congrès européen d'endocrinologie réuni à Prague, les experts ont décidé de rebaptiser ce trouble "syndrome métabolique ovarien polyendocrinien", ou SMOP. Cette décision a été publiée dans la revue scientifique The Lancet.

Ce changement n'est pas anodin. Comme l'explique l'endocrinologue australienne Helena Teede, à l'origine de cette initiative : "Ce que nous savons maintenant, c'est qu'il n'y a en réalité aucune augmentation des kystes anormaux sur l'ovaire, et que les diverses caractéristiques de cette affection étaient souvent sous-estimées."

Autrement dit, l'ancienne appellation était trompeuse : elle mettait en avant la notion de "kystes" alors qu'il ne s'agit pas de kystes au sens pathologique du terme, et elle masquait la dimension profondément métabolique et endocrinienne du syndrome. Un mauvais nom, c'est aussi un frein au diagnostic et à la prise en charge.

"Ce changement a été impulsé avec et pour les personnes touchées par cette maladie, et nous sommes fiers d'être parvenus à un nouveau nom qui reflète enfin avec précision la complexité de cette pathologie", a déclaré Helena Teede.

Une période de transition de trois ans s'ouvre désormais pour permettre aux professionnels de santé, aux institutions et aux patientes de s'approprier cette nouvelle terminologie. Dans cet article, nous utilisons les deux appellations, SOPK et SMOP, pour faciliter la lecture pendant cette période de transition.

Qu’est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), est un déséquilibre hormonal qui perturbe le fonctionnement normal des ovaires. Contrairement à ce que son ancien nom laissait entendre, il ne s'agit pas forcément de kystes au sens classique du terme, mais plutôt d'un aspect particulier des ovaires visibles à l'échographie :

  • Des ovaires plus gros que la normale
  • Beaucoup de follicules immatures dont la maturation est bloquée
  • Ces follicules sont souvent alignés en cercle autour de l'ovaire, un peu comme une couronne

Ce syndrome est engendré par une production excessive d'androgènes (hormones dites "masculines"), dont il résulte souvent une élévation du taux de testostérone dans le sang des femmes concernées. Les follicules immatures s'accumulent dans les ovaires, ne mûrissent pas complètement, et ne produisent pas d'ovule. Le cycle menstruel est déréglé, l'ovulation devient aléatoire, et d'autres symptômes hormonaux peuvent apparaître.

Il est également important de souligner que le SOPK / SMOP est une maladie chronique qui ne disparaît pas à la ménopause. Comme le précise l'OMS, il persiste et peut continuer d'avoir des répercussions sur la santé métabolique et cardiovasculaire à un âge avancé.

Quels sont les symptômes du SOPK / SMOP ?

Le SOPK peut se manifester de façon très variable selon les femmes. Certaines présentent plusieurs signes visibles, tandis que d'autres découvrent leur diagnostic par hasard, lors d'un bilan de fertilité.

Parmi les symptômes les plus fréquents :

  • Règles irrégulières, peu fréquentes, voire absentes, ou au contraire abondantes et douloureuses
  • Acné persistante, souvent localisée sur le visage, le dos ou le thorax
  • Excès de pilosité (hirsutisme), notamment au niveau du menton, des seins, du ventre ou des cuisses
  • Chute de cheveux diffuse (alopécie androgénétique)
  • Prise de poids, surtout au niveau abdominal
  • Fatigue, troubles du sommeil
  • Anxiété ou dépression

Certaines femmes souffrant du SOPK peuvent aussi présenter un surpoids conduisant à une résistance à l'insuline (insulinorésistance), qui augmente le risque de développer un diabète de type 2 à long terme.

D'autres troubles métaboliques peuvent également être favorisés, notamment sur le plan cardiovasculaire : AVC, infarctus du myocarde, angine de poitrine.

D'autres troubles, dits métaboliques, peuvent également être favorisés, notamment sur le plan cardiovasculaire :

  • AVC
  • Infarctus du myocarde
  • Angine de poitrine

Les causes du SOPK : génétique, mode de vie… et perturbateurs endocriniens

Les origines du syndrome des ovaires polykystiques ne sont pas encore entièrement élucidées. Plusieurs facteurs semblent entrer en jeu, souvent de manière combinée.

La génétique

D’abord, il existe une composante génétique. Si une mère ou une sœur est atteinte du SOPK, le risque d’en souffrir soi-même est plus élevé d'environ 30 %. Mais ce n'est pas tout. Certains gènes sont également incriminés dans la survenue de 10 % des SOPK.

L'environnement et l'hygiène de vie

Des facteurs métaboliques pourraient influencer le déclenchement du syndrome, comme :

  • Une alimentation déséquilibrée
  • La sédentarité
  • Une prise de poids importante

Mais un autre facteur mérite une attention croissante : les perturbateurs endocriniens. Présents dans de nombreux produits du quotidien (plastiques, cosmétiques, pesticides, etc.), ces substances chimiques peuvent dérégler le fonctionnement hormonal de l’organisme.

Des études suggèrent que l’exposition précoce à certains perturbateurs (pendant la grossesse ou l’enfance) pourrait jouer un rôle dans le développement du SOPK à l’âge adulte, en modifiant la production d’androgènes ou la sensibilité à l’insuline. C’est pourquoi il est recommandé, autant que possible, de limiter l’exposition à ces substances. Voici quelques bonnes pratiques du quotidien :

  • Privilégier les contenants sans BPA (bouteilles en plastiques, barquettes alimentaires)
  • Éviter les cosmétiques trop parfumés
  • Consommer des aliments issus de l’agriculture biologique
  • Bien aérer son logement

SOPK : quand consulter un professionnel de santé ?

Des règles irrégulières qui durent, une pilosité qui change, une acné hormonale tenace, une difficulté à concevoir… Tous ces signes doivent amener à consulter un médecin généraliste, un gynécologue, une sage-femme ou une endocrinologue.

Plus le diagnostic est posé tôt, plus il est possible d’agir efficacement sur les symptômes même si il n'est pas possible de guérir du SOPK.

Le diagnostic du SOPK repose sur trois critères :

  • une hyperandrogénie clinique (hirsutisme, acné, alopécie androgénique) ou biologique
  • une ovulation rare ou absente
  • une augmentation du volume des ovaires et leur aspect « polykystique » à l’échographie par voie vaginale

Deux de ces trois critères suffisent pour établir le diagnostic.

SOPK et fertilité : un impact réel mais pas une fatalité

L’un des effets les plus redoutés du syndrome des ovaires polykystiques, c’est son lien avec l’infertilité. En effet, le SOPK est la première cause d’infertilité féminine en France. Ce trouble entraîne souvent des ovulations irrégulières voire absentes, ce qui complique les chances de grossesse naturelle. Pourtant, cela ne signifie pas qu’avoir un enfant est impossible.

Le saviez-vous ? On estime à 25 % la chance de concevoir un enfant lors d'un cycle normal. Avec le SOPK et en cas de cycles irréguliers ou absent, cette probabilité se trouve fortement impactée.

Il est donc essentiel de ne pas rester seule face à ce diagnostic et de consulter un professionnel spécialisé pour établir un bilan de fertilité dès qu’un projet de grossesse est envisagé.

Booster la fertilité en cas de SOPK / SMOP : quelles options ?

Lorsqu’on est atteinte du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien, concevoir un enfant peut parfois relever du parcours du combattant. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il existe aujourd’hui plusieurs traitements efficaces pour aider les femmes concernées à retrouver une ovulation régulière et ainsi augmenter leurs chances de tomber enceinte. La prise en charge est progressive et s’adapte à chaque situation.

Un changement de mode de vie

Dans un premier temps, les professionnels de santé recommandent souvent des mesures hygiéno-diététiques. Une perte de poids, même modérée (entre 5 % et 10 %), peut déjà rétablir des cycles ovulatoires réguliers chez de nombreuses femmes. Une alimentation équilibrée, associée à une activité physique adaptée, contribue à améliorer la sensibilité à l’insuline et à réguler les hormones. On estime que ces ajustements à eux seuls permettent d’obtenir une ovulation spontanée chez près de 40 % des femmes concernées.

Un traitement hormonal

Si cela ne suffit pas, des protocoles de stimulation ovarienne sont alors proposés. Il s’agit de traitements qui incitent les ovaires à produire un ou plusieurs follicules matures, en vue d’une ovulation naturelle ou assistée. Ces protocoles sont suivis de près par des gynécologues spécialisés en infertilité afin d’éviter tout risque de surstimulation.

Un parcours en PMA

Lorsque ces traitements restent sans effet, le recours à la procréation médicalement assistée (PMA) peut être envisagé. La fécondation in vitro (FIV), notamment, offre de bons taux de réussite dans les cas de SOPK sévère. En France, elle est encadrée et partiellement prise en charge par la sécurité sociale. Certaines mutuelles santé, comme la nôtre, peuvent également contribuer à alléger les frais restants.

Il est essentiel de garder en tête que le SOPK ne rend pas stérile, même s’il complique parfois le parcours vers la parentalité. Avec un accompagnement adapté, la majorité des femmes parviennent à concevoir. La clé : un diagnostic précoce, un suivi personnalisé, et un soutien bienveillant tout au long du processus.

SOPK / SMOP : les complications potentielles durant la grossesse

Les femmes enceintes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) font face à un risque accru de complications durant leur grossesse. Parmi les problèmes les plus fréquents, on peut citer :

  • L'accouchement prématuré
  • Le diabète gestationnel
  • La prééclampsie

Ces risques sont encore renforcés en cas de surpoids ou d'obésité. Il est donc essentiel pour les femmes concernées par le SOPK de consulter régulièrement leur professionnel de santé pour un suivi adapté tout au long de leur grossesse.

L'importance de déclencher les cycles menstruels : un enjeu de santé à long terme

Au-delà du projet de grossesse, la question des menstruations régulières est un enjeu de santé à part entière pour les femmes atteintes de SOPK. L'OMS le rappelle clairement : les irrégularités menstruelles liées au SOPK augmentent le risque d'hyperplasie de l'endomètre et de cancer de l'endomètre.

Concrètement, l'absence répétée de règles entraîne une accumulation de la muqueuse utérine qui n'est pas éliminée normalement. Sur le long terme, cette stagnation peut favoriser des transformations cellulaires anormales.

C'est pourquoi les médecins recommandent, même en dehors de tout projet de grossesse, de provoquer des saignements menstruels régulièrement, généralement au moins tous les trois à quatre mois. Les contraceptifs oraux combinés constituent la solution la plus courante pour réguler le cycle, mais d'autres options peuvent être envisagées selon le profil de la patiente.

Cette dimension préventive est souvent mal connue des patientes, qui associent uniquement le traitement du SOPK à la question de la fertilité. Elle mérite pourtant d'être abordée systématiquement avec son médecin dès le diagnostic.

Bien accompagner sa santé avec une mutuelle adaptée

Vivre avec un syndrome des ovaires polykystiques implique parfois la mise en place de traitements spécifiques en fonction des symptômes et du ressenti de la patiente, et ce jusqu'à la ménopause.

Il peut également nécessiter un accompagnement spécifique pour un projet bébé. C’est pourquoi il est essentiel d’être bien couvert. Notre mutuelle santé accompagne les femmes concernées par le SOPK avec des garanties concrètes :

  • Tiers-payant pour faciliter l’accès aux soins gynécologiques et endocrinologiques
  • Participation aux séances d’acupuncture, notamment lorsqu’elles sont pratiquées par une sage-femme diplômée
  • Prise en charge des actes de FIV dans le cadre d’un parcours d’assistance médicale à la procréation

Vous êtes concernée ou vous vous posez des questions ? N’hésitez pas à contacter l’un de nos conseillers pour un accompagnement personnalisé, ou à faire une demande de devis en ligne gratuitement.

Découvrir l'offre Pack Santé Famille

Avec un diagnostic précoce, un suivi adapté et un soutien bienveillant, il est tout à fait possible de retrouver un équilibre hormonal, de préserver sa fertilité et de se réconcilier avec son corps. Ne restez pas seule : informez-vous, faites-vous accompagner… et soyez actrice de votre santé.