Pratique

Retraite des commerçants : comment compléter sa pension ?

Gérer son commerce, optimiser ses stocks, trouver des fournisseurs fiables, etc. La vie d'un commerçant demande beaucoup de ressources, et au moment de passer la main, beaucoup découvrent que leur retraite sera moins importante que ce qu'ils avaient imaginé. Ce n'est pas une fatalité. C'est un problème qui peut se régler en amont, avec les bons outils. Voici tout ce qu'il faut savoir pour comprendre sa retraite de commerçant et agir efficacement pour la compléter.
femme commerçante boutique

Qui verse la retraite des commerçants ?

Contrairement aux salariés, les commerçants ne cotisent pas à l'Agirc-Arrco, ce régime de retraite complémentaire qui améliore significativement la pension finale des travailleurs du secteur privé. Ils relèvent du régime des travailleurs non salariés (TNS), géré depuis 2020 par la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), désormais intégrée au régime général.

Ce régime comporte deux étages.

Le premier est le régime de base, aligné sur celui des salariés depuis la réforme des indépendants de 2006. Les droits s'accumulent en trimestres et en points, et la pension finale est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années de revenus, dans la limite du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). Pour 2026, ce plafond est fixé à 48 060 euros.

Le second est le régime complémentaire obligatoire, propre aux artisans et commerçants. Il fonctionne par points, acquis chaque année en proportion des cotisations versées. C'est ce régime qui joue le rôle de l'Agirc-Arrco chez les salariés, mais avec des niveaux de remplacement sensiblement inférieurs.

Le résultat concret : un commerçant qui a exercé pendant 35 ans avec un revenu annuel moyen de 35 000 euros nets percevra une pension globale (base + complémentaire) souvent inférieure à 1 500 euros par mois. Ce taux de remplacement de l'ordre de 50 %, et parfois bien en dessous, s'explique aussi par les années de faibles revenus en début d'activité, les périodes de crise sectorielle, et la volatilité inhérente au commerce.

Face à ce constat, une conclusion s'impose : compléter sa retraite de commerçant n'est pas une option. C'est une nécessité.

Les trimestres de retraite des commerçants : comment ça marche ?

Avant de parler de solutions pour compléter sa pension, encore faut-il bien comprendre comment se constituent les droits.

Pour valider un trimestre de retraite, un commerçant doit avoir cotisé sur une assiette minimale correspondant à 150 fois le SMIC horaire sur l'année. Au 1er juin 2026, le SMIC horaire brut est de 12,31 euros. Il faut dont un revenu d'au moins 7386 euros pour valider 4 trimestre dans l'année.

En dessous de ce seuil, les trimestres sont réduits proportionnellement. Un commerçant dont l'activité démarre lentement ou qui traverse une période difficile peut se retrouver avec des trimestres incomplets, ce qui retarde l'âge de départ à taux plein ou réduit le montant final de la pension.

Le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein est le même que pour les salariés : entre 166 et 172 selon l'année de naissance. L'âge légal de départ est fixé à 64 ans depuis la réforme de 2023.

Un point souvent ignoré : les années de gérance d'une SARL ou d'une SAS ne génèrent pas les mêmes droits que l'activité en nom propre ou en EURL. Le régime applicable dépend directement du statut juridique et social du dirigeant. Un gérant majoritaire de SARL est TNS, un président de SAS est assimilé salarié et cotise à l'Agirc-Arrco. Ce détail peut avoir des conséquences considérables sur la retraite finale.

La vente du commerce : un pari risqué sur la retraite

Beaucoup de commerçants comptent sur la vente de leur fonds de commerce pour financer leur retraite. L'idée est séduisante : après des années de travail, le fonds a de la valeur, les clients sont là, le réseau est établi. Pourquoi ne pas en tirer le meilleur prix au moment de partir ?

Ce raisonnement comporte plusieurs risques majeurs que trop peu de commerçants anticipent.

  • La valeur d'un fonds de commerce est volatile : elle dépend de la conjoncture économique, de l'état du secteur, de la localisation, des conditions de bail, de l'état du matériel et de la concurrence locale.
  • La vente d'un fonds de commerce génère une plus-value qui peut être soumise à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, même si des exonérations existent selon la durée de détention et le montant de la cession. Mal anticipée fiscalement, cette plus-value peut rogner significativement le produit de la vente.
  • La vente suppose un acheteur. Et trouver un repreneur motivé, solvable et au bon prix dans les délais souhaités n'est jamais garanti. Des commerçants se retrouvent ainsi à prolonger leur activité au-delà de l'âge espéré, faute de cession aboutie.

La vente du fonds peut être un apport à la retraite. Elle ne doit pas en être le seul pilier.

Les solutions pour compléter sa retraite de commerçant

La bonne nouvelle, c'est qu'il existe plusieurs leviers concrets pour construire un complément de pension efficace. Ces dispositifs ne s'excluent pas, ils se combinent, et c'est souvent dans leur articulation que réside la meilleure stratégie.

Le Plan d'Épargne Retraite individuel (PERin)

Depuis la loi PACTE de 2019, le PER individuel est devenu la solution de référence pour les travailleurs indépendants souhaitant préparer leur retraite tout en réduisant leur impôt chaque année.

Le principe est simple : vous versez des sommes sur votre PERin tout au long de votre activité. Ces versements sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel calculé sur la base de votre bénéfice imposable et du PASS. Pour un travailleur indépendant soumis au régime réel, cette déduction peut représenter une économie d'impôt très significative, d'autant plus que la tranche marginale d'imposition est élevée.

À la retraite, les sommes accumulées peuvent être récupérées de trois façons : en rente viagère, en capital (en une seule fois ou de façon échelonnée), ou en combinant les deux. C'est cette flexibilité à la sortie qui distingue le PERin des anciens contrats Madelin retraite, qui imposaient une sortie exclusivement en rente.

Le PERin est également plus souple en cours de vie : des cas de déblocage anticipé sont prévus par la loi, par exemple pour l'achat de la résidence principale, en cas d'invalidité, de décès du conjoint ou de surendettement.

Exemple d'investissement

Marc, commerçant en épicerie fine de 45 ans, dégage un bénéfice imposable de 42 000 euros par an. Il verse 4 000 euros par an sur son PERin. Ces 4 000 euros sont déduits de son revenu imposable. À 30 % de tranche marginale d'imposition, l'économie fiscale annuelle est de 1 200 euros. Autrement dit, son effort d'épargne réel n'est que de 2 800 euros, pour un capital qui grossit chaque année.

Sur 20 ans, avec un rendement annuel moyen de 4 %, ce versement annuel de 4 000 euros génère un capital de l'ordre de 120 000 euros. Cela constitue un complément de pension non négligeable, qui peut être transformé en rente mensuelle ou utilisé pour financer des projets à la retraite.

L'assurance-vie

L'assurance-vie reste l'un des placements préférés des Français, et pour de bonnes raisons. Elle constitue un complément naturel au PERin pour les commerçants qui souhaitent épargner en conservant une disponibilité des fonds en cours de vie.

Contrairement au PERin, les sommes versées sur une assurance-vie ne sont pas bloquées jusqu'à la retraite, elles restent disponibles à tout moment, sans condition. Cette liquidité est précieuse pour un commerçant qui peut avoir besoin de fonds en cas de coup dur dans son activité.

Après huit ans de détention, la fiscalité sur les gains réalisés est particulièrement avantageuse : abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule (9 200 euros pour un couple), puis taux réduit de 7,5 % au-delà. L'assurance-vie bénéficie également d'un cadre successoral favorable, permettant de transmettre un capital à ses bénéficiaires désignés avec une fiscalité allégée.

L'investissement immobilier locatif

L'immobilier reste une valeur refuge pour beaucoup de commerçants qui préparent leur retraite. Acquérir un bien locatif en cours d'activité permet de constituer un patrimoine qui génère des revenus complémentaires au moment de la cessation d'activité, sans dépendre des aléas de la bourse ou des performances d'un fonds.

L'immobilier locatif peut également être acquis via une SCI (Société Civile Immobilière) pour faciliter la gestion et la transmission patrimoniale.

La limite de cette approche : elle nécessite un apport initial significatif, génère des contraintes de gestion (locataires, travaux, fiscalité des revenus fonciers) et n'offre pas les avantages fiscaux immédiats du PERin.

La retraite progressive

La retraite progressive est un dispositif méconnu des indépendants, mais particulièrement adapté à leur situation. Elle permet de liquider une fraction de sa retraite (entre 25 % et 75 %) tout en continuant d'exercer une activité réduite. Cela signifie qu'un commerçant peut diminuer son activité progressivement, percevoir une partie de sa pension, et continuer à accumuler des droits supplémentaires.

Ce dispositif est accessible à partir de 60 ans, avec au moins 150 trimestres validés. Il permet une transition en douceur entre vie active et retraite, particulièrement pertinente pour les commerçants qui ont du mal à "décrocher" brutalement de leur activité.

À quel moment commencer à préparer sa retraite ?

Si vous avez 35 ans et venez de lancer votre commerce, ouvrir un PERin avec des versements modestes dès maintenant vous permet de profiter de la puissance des intérêts composés sur 30 ans. Un versement de 100 euros par mois à 35 ans vaut bien plus qu'un versement de 300 euros par mois à 55 ans.

Si vous avez 50 ans et n'avez encore rien mis de côté, il est encore temps d'agir, mais l'effort d'épargne doit être plus intense et la stratégie plus ciblée. C'est le moment de maximiser les déductions fiscales via le PERin, de faire le point sur vos droits acquis via le portail info-retraite.fr, et d'évaluer la valeur potentielle de votre fonds de commerce pour intégrer ce poste dans votre stratégie globale.

Si vous approchez des 60 ans, la priorité est double : sécuriser le capital déjà constitué en arbitrant progressivement vers des supports moins risqués, et planifier la transmission ou la cession de votre activité dans les meilleures conditions fiscales et patrimoniales.

Radiance Mutuelle : votre partenaire retraite dédié aux indépendants

Nous accompagnons les commerçants et les travailleurs non salariés dans la préparation de leur retraite. Notre PER Indépendants, proposé en partenariat avec Médicis, spécialiste de la retraite complémentaire des indépendants, est conçu pour répondre précisément aux besoins des TNS :

  • Versements accessibles dès 50 euros par mois
  • Frais parmi les plus bas du marché
  • Avantage fiscal immédiat
  • Sortie en rente ou en capital ou les deux
  • Des profils d'investissement responsables conformes à la loi Industrie Verte.

Ce PER a d'ailleurs été récompensé d'un Trophée d'Or dans la catégorie "Prix spécial du jury" aux Trophées du Revenu 2023, une reconnaissance de la qualité du dispositif. Nos conseillers spécialisés dans les besoins des indépendants sont disponibles pour analyser votre situation, estimer votre pension future, identifier les leviers d'optimisation fiscale les mieux adaptés à votre profil, et vous accompagner dans la mise en place de votre stratégie retraite. Prenez rendez-vous avec un de nos conseillers pro pour en savoir plus.