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Sans aucune démarche de votre part, c'est la loi qui décide de la répartition de votre patrimoine. Cette situation par défaut varie radicalement selon le statut de votre union.
Le mariage est la seule union qui confère automatiquement le statut d'héritier à votre conjoint. Cependant, la présence d'enfants nés d'une précédente union modifie considérablement ses droits.
Dans ce cas de figure précis, la loi est stricte : le conjoint survivant recueille obligatoirement un quart de la succession en pleine propriété. Les trois autres quarts sont répartis à parts égales entre tous les enfants du défunt (ceux de l'union précédente et ceux de l'union actuelle). Le conjoint survivant n'a pas la possibilité d'opter pour 100 % de la succession en usufruit, une option pourtant ouverte aux couples n'ayant que des enfants en commun.
Cette règle du "quart en pleine propriété" peut placer le conjoint survivant dans une situation délicate, notamment en créant une indivision avec les beaux-enfants sur des biens importants, comme la résidence principale.
Pour les couples non mariés, la situation est encore plus précaire. Aux yeux de la loi sur les successions, le partenaire de PACS et le concubin sont considérés comme des étrangers. Ils n'ont absolument aucun droit sur l'héritage de leur compagnon décédé.
En l'absence de testament, la totalité du patrimoine revient aux enfants du défunt. Le survivant peut se retrouver dans une situation dramatique, pouvant être contraint de quitter le logement familial si celui-ci appartenait en propre à son partenaire. La loi accorde simplement au partenaire de PACS (et sous conditions au concubin) un droit temporaire d'un an pour rester dans le logement commun.
Cette réalité souligne l'importance capitale d'une organisation réfléchie pour les couples non mariés.
Heureusement, il existe de nombreuses solutions pour améliorer la protection du conjoint survivant, quel que soit le statut de l'union.
Le testament est l'acte le plus simple pour déroger aux règles par défaut. Il permet de léguer à la personne de son choix (conjoint, partenaire, concubin, etc.) la part de son patrimoine dont on peut librement disposer : la quotité disponible.
Cette quotité disponible dépend du nombre d'enfants :
Pour un partenaire de PACS ou un concubin, le testament est la seule et unique façon de lui transmettre une partie de l'héritage. Il peut s'agir d'un legs en pleine propriété, en usufruit, ou portant sur un bien spécifique.
Attention à la fiscalité : Si le conjoint marié ou le partenaire de PACS est totalement exonéré de droits de succession, le concubin gratifié par testament sera taxé à hauteur de 60 % après un abattement dérisoire. Cette fiscalité confiscatoire rend cette option souvent peu pertinente pour transmettre des sommes importantes.
Réservée aux couples mariés, la donation entre époux, aussi appelée "donation au dernier vivant", est un outil d'une puissance et d'une flexibilité redoutables. Établie par un notaire, elle permet d'augmenter significativement les droits du conjoint survivant, bien au-delà du simple quart légal.
Grâce à elle, le conjoint survivant peut opter pour l'une des trois options suivantes :
Cette souplesse permet au conjoint de choisir l'option la plus adaptée à sa situation (âge, besoins financiers) au moment du décès, en accord avec les enfants.
Le démembrement consiste à diviser le droit de propriété en deux :
Il est possible, de son vivant, d'acheter un bien en démembrement croisé ou de donner la nue-propriété d'un bien à ses enfants. Cela permet de conserver l'usufruit pour soi et de prévoir une réversion d'usufruit au profit de son conjoint.
Au décès, le conjoint survivant conserve l'usage du bien sa vie durant, et les enfants récupèrent la pleine propriété à son décès, sans droits de succession supplémentaires. C'est une excellente façon d'assurer un toit au survivant tout en garantissant la transmission aux enfants.
La préoccupation majeure des familles recomposées est de traiter équitablement l'ensemble des enfants, qu'ils soient communs ou non.
L'assurance-vie est un instrument de transmission exceptionnel car les capitaux versés aux bénéficiaires désignés ne font pas partie de la succession. Cela offre plusieurs avantages.
C'est l'outil le plus sophistiqué et le plus apaisant pour les familles recomposées. Il permet aux deux membres du couple de réaliser, dans un seul et même acte notarié, une donation-partage de leurs biens (propres ou communs) au profit de l'ensemble de leurs enfants respectifs.
L'immense avantage est de pouvoir allotir chaque enfant, y compris ceux qui ne sont pas ses descendants directs. Par exemple, le père peut donner un bien à son propre enfant et un autre bien à son bel-enfant. L'autre avantage majeur est que la valeur des biens donnés est figée au jour de la donation, ce qui évite toute réévaluation et les conflits potentiels au moment de la succession. C'est un acte de paix familiale par excellence.
Pour intégrer pleinement l'enfant de son conjoint à sa succession, l'adoption simple est une solution radicale. L'enfant adopté acquiert les mêmes droits et devoirs qu'un enfant biologique dans la succession de l'adoptant. Il devient donc héritier réservataire.
Cette démarche est lourde de conséquences affectives et juridiques. L'enfant conserve ses liens avec sa famille d'origine et hérite donc de ses deux familles. Fiscalement, il bénéficie du barème applicable en ligne directe, beaucoup plus favorable.
Le droit au logement du survivant est un point central.
Anticiper sa succession dans une famille recomposée n'est pas un acte morbide, mais un acte d'amour et de prévoyance. C'est se donner les moyens de protéger équitablement tous ceux qui comptent, en assurant leur avenir et en préservant ce qui a le plus de valeur : l'harmonie familiale. Vous souhaitez avoir un rendez-vous avec l'un de nos conseillers expert en Prévoyance ? N'hésitez à prendre rendez-vous en ligne en quelques clics !